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La fin du téléphone subventionné

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Ou la lente agonie du téléphone acheté à crédit !

Vous voulez vous abonner chez un opérateur de téléphonie mobile mais vous ne savez pas encore lequel choisir et tout d’un coup vous tombez nez à nez avec le dernier modèle de votre fabricant préféré pour un 1 euro ! Alors certes, il vous faudra vous engager de longs mois, mais 1 euro, ça laisse rêveur… Vous imaginez tout de suite ce que vous pourriez filmer pendant vos vacances pour rendre vos proches ou vos collègues jaloux. Vous signez. Vous voilà prisonnier d’un opérateur contractuellement. Heureusement, le législateur est intervenu pour que cette « prison » ne soit pas non plus le château d’If virtuel du Comte de Monte-cristo. Avec la loi Chatel, l’abonné peut résilier son forfait avant la date contractuelle, moyennant le versement de certaines indemnités à son opérateur. Pourtant, malgré ces protections légales, le téléphone subventionné apparaît plus que jamais menacé. En Espagne, Telefonica et Vodafone ont déjà supprimé son existence. En France, l’évolution est plus lente, mais semble inéluctable. Pour le moment, seul Free mobile propose exclusivement des abonnements nus. Les autres opérateurs continuent à proposer deux modes de commercialisation de leurs offres d’abonnements dont l’une favorise toujours ce type de vente subventionnée. Dans les changements en cours, les consommateurs auront plus que jamais une influence déterminante. Ce sont leurs propres modes de consommation qui feront évoluer les offres dans ce domaine. Même si certains opérateurs tels que Free n’ont pas attendu la vox populi pour entamer un bras de fer dans ce domaine.

 

La réaction du public

Le téléphone subventionné est pourtant un concept marketing assez ingénieux. Il donne l’impression aux consommateurs d’acquérir un appareil pour une bouchée de pain. De plus, il les fidélise avec une politique de points, incitant les clients à se réabonner à la fin de leur contrat. Et, cerise sur le gâteau, ce type de subvention permet aux opérateurs d’être les plus gros vendeurs de mobiles du pays ! Derrière le rêve d’un bijou électronique à la portée de tous se trouve en réalité les ficelles marketing remarquables d’une vente à crédit. Car au final, c’est bien le consommateur qui paye le prix réel du téléphone dans ses propres factures mensuelles et souvent pour un prix bien supérieur à celui qu’il aurait payé s’il l’avait acheté sans abonnement.

Foncièrement, aussi subtile et astucieuse que soit la philosophie du portable subventionné, la pratique n’est pas forcément condamnable en soi sur ces seuls critères. L’argument écologiste est un élément de poids qui pèse aussi dans le comportement moderne des utilisateurs. Changer de téléphone tous les deux ans n’est pas du goût de tous. À part quelques geeks inconditionnels des téléphones dernier cri, la plupart des clients s’habituent à leurs appareils et ne sont pas toujours heureux de s’en débarrasser même au prix de quelques innovations mineures. Et c’est sans évoquer les problèmes de déchets électroniques polluants. Si la tendance à l’abandon des téléphones subventionnés se poursuit, on peut même s’attendre à voir prochainement un très juteux marché des téléphones d’occasion.

L’action du privé

Avec l’arrivée de nouveaux opérateurs qui excluent ce type de subventions et surtout celle des opérateurs low cost, le phénomène semble s’inverser. La tendance est de privilégier le faible coût de l’abonnement plutôt que le faible coût du téléphone. Précurseur de ce courant, Free est d’ailleurs le premier opérateur à se manifester sur le plan juridique en attaquant SFR pour concurrence déloyale. L’ère du téléphone subventionné tire sans doute à sa fin…

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