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Serval : un avenir où le téléphone serait gratuit ?

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Le projet Serval, c’est celui d’un futur où les antennes relais des opérateurs téléphoniques ne seraient pas nécessaires, les communications reposant sur un réseau de maillage individuel (Mesh).

Un téléphone sans carte SIM, comment ça marche ?

Le système utilise le Wi-Fi comme support principal, mais peut également s’appuyer sur les ondes téléphoniques. Si la personne que vous cherchez à joindre se situe près de vous, vos téléphones mobiles peuvent être mis directement en contact. En effet, selon Paul Gardner-Stephen, chercheur australien qui a créé le programme Serval avec l’aide des étudiants français de l’INSA, « aujourd'hui encore, si les mobiles ne peuvent pas se parler directement au niveau local, c'est parce qu'ils sont verrouillés par les opérateurs, qui obligent les usagers à passer par leurs relais et donc par leurs systèmes de facturation. »

Dans le cas de figure où la personne que vous cherchez à joindre se situe à une grande distance de votre émetteur, les autres téléphones équipés de l’application Serval captent automatiquement la communication et la retransmettent, de téléphone en téléphone. C’est ce qui s’appelle un « réseau de maillage ».

Qui y gagne ?

Première population cible des développeurs du concept : les pays ne bénéficiant pas d’une couverture réseau étendue comme les nations occidentales, et n’ayant pas les moyens d’en développer une. On peut en effet imaginer que ce type d’application open-source permettrait de réduire la fracture numérique qui exclut actuellement les pays les moins développés du marché économique.

Par ailleurs, le programme offre de prendre le relais, littéralement parlant, en cas de catastrophe naturelle. Ou politique. Lorsque des gouvernements surveillent, contrôlent, ou interrompent l’accès aux télécommunications…

Enfin, l’application reposant sur une couverture dense en terme de population (plus il y a d’utilisateurs, plus la couverture réseau est bonne), on imagine bien avec quelle rapidité ce système pourrait s’épandre dans les grandes agglomérations, coupant l’herbe sous le pied des opérateurs téléphoniques. Paul Gardner-Stephen explique que « Dans les années 1980, les ingénieurs travaillant sur les premiers prototypes avaient imaginé des réseaux mesh, simples et bon marché. Mais les compagnies de téléphone les avaient empêchés de travailler dans cette direction, parce qu'elles voulaient préserver leur modèle pyramidal contrôlé par le haut, hérité du téléphone filaire – techniquement caduc mais commercialement très profitable. »

Un modèle qui pourrait donc prendre fin très bientôt, pour peu que suffisamment d’utilisateurs décident de débloquer leur téléphone et de télécharger l’application Android Serval…

Dernier problème à régler : les bandes passantes ont été payées au prix fort par les opérateurs auprès de l’ARCEP, et il serait fort étonnant qu’ils se réjouissent de voir un programme permettant aux Français de les utiliser gratuitement. Utiliser Serval en France pourrait donc être hors la loi, jusqu’à ce que l’Etat entame une réflexion sur la libre appartenance des nouvelles technologies.

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