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Les forfaits « soirs et week-ends » favorisent la vulgarité

Au Pakistan, comme dans beaucoup d’autres pays, il existe des forfaits téléphoniques proposant des promotions sur les appels de fin de soirée. Des forfaits qui permettent d’appeler sa famille ou ses amis après une journée de travail, à l’heure où l’on a le plus de temps libre. Des forfaits qui permettent aussi potentiellement d’appeler ou d’échanger des textos avec son bien-aimé ou son flirt du moment. Et c’est cela qui pose problème aux membres les plus intégristes du régime.

Des forfaits « à bannir », selon le gouvernement

Aux yeux de Shafqat Hayayt Khan, député, « il ne fait aucun doute que ces forfaits à bas prix pour les appels de nuit font en fait la promotion de la vulgarité ». Une déclaration qui peut paraître farfelue au premier abord mais qui a conduit le gouvernement à exiger des opérateurs de téléphonie mobile la fin de ces offres. Kalsoom Pervenn, directrice du comité sénatorial sur les technologies de l’information a déclaré à l’AFP : « Nous nous opposons aux rabais sur les appels de nuit et avons recommandé à l’autorité des télécoms ou bien de limiter la période de temps pendant laquelle les appels sont moins onéreux ou bien de les bannir ». Il n’en aura pas fallu davantage pour que l’autorité en question transmette le message aux firmes de téléphonie, interférant aussi bien avec la libre-entreprise qu’avec la liberté individuelle.

Les opérateurs téléphoniques contre la charia

Les entreprises pakistanaises de télécommunications ont porté l’affaire devant les tribunaux, seules protectrices possibles des droits des consommateurs dans un pays où la contestation citoyenne est rendue de plus en plus difficile. Car, au Pakistan, la charia des talibans a été acceptée en échange de l’arrêt des hostilités, et les individus voient leur liberté de parole lentement étouffée sous couvert de protection morale. Ainsi, Kalsoom Pervenn soutient que l’interdiction des forfaits téléphoniques moins chers la nuit est due au fait que « ces forfaits ne servent pas la jeunesse ». Les individus ne peuvent se défendre face à ce type d’incursion dans leur vie privée car ils devraient répondre à de violentes sanctions, mais il reste à espérer qu’il en sera différemment pour de grosses entreprises privées avec d’importants enjeux financiers.

On peut cependant en douter car, même si les autorités d’Islamabad ont assoupli les héritages autoritaires de Pervez Musharraf, les médias audiovisuels n’ont toujours au Pakistan qu’une liberté limitée, Internet en premier lieu. Une loi punit ainsi sévèrement les « crimes » sur Internet, ce qui comprend au sens large la diffusion de contenus hostiles au gouvernement ou à la morale religieuse. Une justification déjà suffisante pour interférer aves les forfaits téléphoniques ou interdire (comme c’est le cas depuis la mi-septembre) l’accès au site de partage de vidéo Youtube.

Mis à jour le | Publié le

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bynight Posté le
Je ne sais pas, mais si l'on est vulgaire, je pense qu'on l'est autant la nuit que le jour, non ?